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Renforcer la souveraineté industrielle et la diplomatie de la défense du Canada

Les investissements en défense au Canada ont connu un rythme de changement extraordinaire. Plus tôt cette année, en l’espace de quelques semaines, le premier ministre Mark Carney est passé d’un engagement à atteindre 2 % du PIB en dépenses militaires avant la fin de l’exercice financier à l’adhésion à l’objectif de l’OTAN de 5 % du PIB d’ici 2035.

Tout récemment, le premier ministre Carney a annoncé une autre initiative clé dans le domaine de la défense : la création de l’Agence de l’investissement pour la défense du Canada pour accélérer l’approvisionnement en défense et simplifier les formalités. D’autres éléments essentiels doivent être mis en place à court terme par le gouvernement fédéral, notamment une stratégie industrielle pour la défense et un nouveau bureau de l’innovation pour la défense.

Alors que le Canada déploie des investissements pour la défense, il ne fait pas de doute qu’il devra s’empresser d’agir pour stimuler la capacité de défense. Et il doit le faire de façon avisée et stratégique, dans un esprit de renforcement national. Cela signifie d’intégrer tous nos objectifs globaux clés en tant que pays, sur le plan de la productivité, de l’innovation, de la création d’emplois, de la sécurité nationale et de la diversification des relations commerciales et de sécurité.

Ensuite, le Canada doit démontrer son engagement envers nos capacités souveraines. Sans cette étape, nous risquons d’être emportés par des stratégies d’approvisionnement qui soutiennent les capacités d’autres pays au détriment des industries canadiennes.

Notre expertise dans des domaines stratégiques est notre plus important élément d’actif au moment où nous cherchons à reconstruire la force militaire de notre pays. L’aérospatiale, les technologies de surveillance et de détection, la construction navale et l’IA ne sont que quelques exemples des secteurs où le Canada possède des capacités de pointe de calibre mondial et où nous sommes bien positionnés pour apporter une contribution nette de solutions à nos alliés.

Les produits que nous fabriquons et les innovations que nous développons peuvent non seulement alimenter la résurgence du Canada dans le domaine de la défense, mais ils peuvent également être les pierres angulaires de partenariats cruciaux avec des pays qui partagent nos idées.

La création de l’Agence de l’investissement pour la défense est de bon augure pour la transformation dont notre pays a besoin afin de commencer à revoir notre attitude à l’égard de la sécurité nationale et de notre base industrielle pour la défense.

Non seulement cette stratégie renforcerait notre aptitude à répondre aux menaces mondiales et à soutenir nos Forces armées canadiennes au moyen des technologies les plus évoluées, mais elle accroîtrait également notre crédibilité à l’échelle internationale en nous positionnant comme fournisseur de solutions clés fondées sur des capacités souveraines. Ainsi, le Canada gagnerait en influence, géopolitiquement, géostratégiquement et géoéconomiquement, sur la scène mondiale.

Il faudra viser haut et voir grand pour bâtir et maintenir l’acceptabilité sociale pour le niveau sans précédent d’investissements en défense que nous nous apprêtons à réaliser.

Alors que le Canada déploie des investissements pour la défense, il ne fait pas de doute qu’il devra s’empresser d’agir pour stimuler la capacité de défense. Et il doit le faire de façon avisée et stratégique, dans un esprit de renforcement national.

Les priorités générales doivent comprendre le besoin de créer des avantages économiques substantiels pour le Canada par ces investissements et de diversifier nos partenariats de défense et de sécurité. Nous devons également exploiter les percées, les expertises et les technologies des secteurs civils et militaires, comme l’intelligence artificielle et l’informatique quantique. Canaliser toutes ces priorités et les conjuguer dans une initiative de renforcement national, en stimulant la productivité et l’innovation, tout en consolidant notre sécurité et notre défense nationales, ce ne sera pas de tout repos.

Une stratégie industrielle proactive pour la défense du Canada doit nous guider, en définissant clairement la demande et en préparant le terrain pour des engagements précoces, préalablement aux appels d’offres, entre le gouvernement, les Forces armées et l’industrie sur nos besoins de sécurité nationale et des solutions qui exploitent ou rehaussent les capacités souveraines canadiennes.

Le monde a changé. Comme l’a fait remarquer le premier ministre Carney plus tôt cette année, l’économie canadienne est en cours de restructuration principalement en raison des turbulences géopolitiques que nous observons. « Nous devons réimaginer profondément notre économie », a-t-il ajouté.

Nous sommes convaincus qu’il s’agit d’une occasion historique pour le Canada de devenir un chef de file international en diplomatie de la défense et diplomatie économique. Un élément clé de cette stratégie doit consister à tirer parti de nos capacités souveraines.

Le Canada est à une croisée des chemins – à un carrefour qui exige la fermeté et la prévoyance stratégique de façonner l’approche du Canada en matière de diplomatie de la défense et de diplomatie économique avec confiance, détermination et vision. Le lancement de la nouvelle agence d’approvisionnement pour la défense est un excellent pas dans cette direction. 

Article rédigé par:

Vice-président exécutif, Vente d’avions et Bombardier Défense, Bombardier et Professeur titulaire, Département d’affaires internationales, et codirecteur de l’Institut international de diplomatie économique, HEC Montréal
Les opinions et les points de vue émis n’engagent que leurs auteurs et leurs autrices.

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